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Concert Classic

Jacqueline Thuilleux

Concert Classic: Trois questions à Michael Fabiano, le nouveau Don Carlo de l’Opéra Bastille – « J’aime être un anti-ténor !

Concert Classic

Ardent, dynamique, passionné, l’Américain Michael Fabiano est l’un des ténors qui comptent le plus désormais sur la scène lyrique internationale, du Metropolitan à la Scala. Et à l’Opéra Bastille, où il incarnera (du 14 au 23 novembre), à la suite de Roberto Alagna, le douloureux Don Carlo, dans la reprise de la très contestée mise en scène de Krysztof Warlikowski en 2017 : reprise considérablement modifiée puisqu’il s’agit cette fois de la version italienne en quatre actes. Pour enchaîner ensuite sur le rôle-titre des Contes d’Hoffmann sur cette même scène en janvier. Une voix vigoureuse et sans faille, un tempérament de feu, de riches moments en perspective, comme dans son CD Verdi-Donizetti, enregistré avec le London Philharmonic Orchestra, sous la direction d’Enrique Mazzola (1). De Don Carlos à Don Carlo, le bouillant personnage évoque ses passions.

Que représente pour vous ce rôle qui semble assez éloigné de votre personnalité ?

Michael FABIANO :  En fait j’ai étudié sa version française, et j’aime la chanter. Cela me paraît bizarrement plus facile que l’italien ! J’adore chanter en français, notamment Massenet, que j’ai interprété au Metropolitan Opera notamment avec Manon et Werther. Mais l’italienne est passionnante même si l’acte de Fontainebleau permet de mettre les personnages en situation. Le personnage de Carlo est très inhabituel par son côté anti-héros : il n’est pas un looser comme on le dit parfois, mais il est perdu. L’incarnation doit donc être à la fois forte et fragile, et j’aime être un anti-ténor ! Comme Hoffmann que j’incarnerai ensuite : pour moi il est comme Carlo, il n’est pas un romantique, même s’il chante de la musique romantique, il est ivre, noyé lui aussi ! Quant à la mise en scène de Warlikowski, je la découvre avec bonheur car je suis un fan de ce metteur en scène, il est fantastique par sa profondeur et la subtilité de son approche psychologique. Et cela convient à mon travail sur les rôles : j’aime creuser, explorer, non les détourner à mon avantage. Et j’aime les mises en scène qui ont une raison d’être, ainsi celle de la Carmen de Bizet (m.e.s. Dmitri Tcherniakov ndlr) que j’ai chantée à Aix en 2017 avec Pablo Heras-Casado.

Votre carrière s’est envolée très vite ?
M.F. : Je suis d’origine calabraise mais Américain bien sûr. Mes parents n’étaient pas musiciens, mais ma grand-mère Maria Arena était une pianiste professionnelle. Pour ma part j’ai d’abord orienté mes études vers le business. Puis comme je commençais à travailler le chant, mon professeur George Shirley m’a fait cette déclaration étonnante : « si quelqu’un a un don tel que le tien , c’est une obligation morale que de le faire partager au public ! ». Du coup, j’ai persisté dans le chant et trois années plus tard, à 22 ans, j’étais à Carnegie Hall, puis très vite à la Scala de Milan pour Gianni Schicchi avec Riccardo Chailly. Ce fut difficile car je n’y étais pas protégé, même si Chailly était magnifique. J’aime les chefs, notamment Marc Elder, Enrique Mazzola et le splendide Pablo Heras-Casado .

Comment s’oriente votre futur ?

M.F. : J’ai appris à être prudent et à choisir, même si je sais à peu près tous les opéras de Donizetti et de Verdi. J’ai d’ailleurs voulu dans mon CD montrer les similitudes entre ces deux compositeurs, dans les derniers opéras du premier et ceux de jeunesse du second. On ne voit guère la différence. Et si je n’y ai pas fait figurer d’air de Don Carlo, c’est simplement parce que celui que j’avais enregistré n’était pas bon ! Mais par exemple, je sais qu’à 35 ans, je ne suis pas encore assez mûr pour m’attaquer à Otello et que je ne souhaite plus chanter dans Turandot, trop kitsch, même si j’adore Puccini.  Pour l’heure je plonge aussi dans le Bal masqué qui me convient parfaitement. Quant à mes idoles, elles remontent loin : ce sont Aureliano Pertile, Giacomo Lauri-Volpi, Georges Thill, et j’aimais beaucoup Franco Corelli. Et pour ce qui est de la musique allemande, elle ne me convient pas et  je la laisse à ceux qui la font mieux que moi, même si je la trouve très belle. Pour le reste, je m’engage beaucoup pour l’éducation musicale des enfants déshérités, maltraités par la vie, notamment avec la Fondation ArtSmart, que j’ai créée en 2016, où chacun a droit à des cours avec un éducateur propre. En un an ils vont déjà mieux. J’ai eu de la chance et je dois en rendre un peu !

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